La Bamba

1958

Les origines ont été dévoilées par Don Ramon d'après les chroniques de Paco Píldora. Le 16 mai 1683, on vint en sonnant les cloches dans une hacienda dans les dunes de Malibrán, propriété de Doña Beatriz del Real, pour annoncer l'approche du pirate hollandais Laurens De Graaf.

Cela inspira à un musicien, joueur de jarana, et surnommé "El Guaruso", une chansonnette sur la mélodie de ce qui allait être celle du refrain de La Bamba, et qui pourrait être un air des soldats de la marine espagnole : "Quitilan, quitilan, que suenan las campanas de Malibrán qué vienen los piratas que no vendrán... Quitilín, quitilín, que suena la campana de Medellín y que suena y suena a rintintín". ("Dring dring, que sonnent les cloches de Malibrán car les pirates viendront, viendront pas... Dring dring, que sonnent les cloches de Medellín, qu'elle sonnent et résonnent")

Tous les hommes de l'Hacienda devaient se rendre en mer pour éventuellement se battre contre le pirate. Doña Beatriz del Real a demandé à son majordome ce qu'il comptait faire et il lui a répondu : "Yo no soy marinero, pero aquí seré" ("Je ne suis pas marin, mais je serai ici"). Finalement, le pirate accosta sur une autre plage et l'on n'eut pas à se battre. À la place on fit une fête, et "El Guaruso" composa et interpréta pour l'occasion une chanson, "La Bamba", mot qui signifie fête dans une langue africaine.

Le couplet qui a été rajouté par El Guaruso "Para subir al cielo se necesita una escalera grande y otra chiquita" ("Pour monter au ciel, il faut une grande échelle et une petite") fait allusion au fait que pour monter à l'Hacienda, il fallait une grande échelle pour franchir la dune, et une petite pour franchir le mur d'enceinte.

Les paroles étaient improvisées en fonction des circonstances. Il existe également d’innombrables variantes, mais la plupart parlent d'une danse populaire et les paroles commencent ainsi : "Para bailar la bamba se necesita una poca de gracia" ("Pour danser la bamba il faut avoir un peu de grâce").

Le "clou" de cette danse réside dans le fait que l’écharpe (rouge en général) d’un des danseurs est jetée sur la piste de danse et transformée avec grâce en nœud par un jeu de pieds du danseur. Comme apothéose, ce nœud est jeté en l’air. En général, il y a une compétition entre les danseurs pour savoir lequel a noué et lancé l'écharpe avec le plus d'agilité et de grâce.

C’est Andres Huesca qui en a réalisé le plus ancien enregistrement connu, aux alentours de 1908, mais sous le titre El jarabe Veracruzano ("le mariage à Vera Cruz").]

En 1946, un candidat à l'élection présidentielle mexicaine avait utilisé l'air de la chanson pour sa campagne.

En 1958, Richie Valens enregistre une version rock'n'roll de La bamba en face B du single Donna. Il était accompagné de la guitariste Carol Kaye de l'équipe "Wrecking Crew" de Phil Spector (qui a aussi joué de la basse pour les Beach Boys, The Monkees, Ray Charles etc.)

Rien qu’aux États-Unis, quelque cent cinquante artistes vont l’imiter. La chanson Twist and Shout en est presque un plagiat puisqu'elle possède une structure mélodique identique et le même début.

Johnny Rivers a d'ailleurs enregistré le medley La Bamba/Twist And Shout.

En France, ce sont les très populaires Los Machucambos qui se l’approprient… En 1959, c’est au tour de Dario Moreno d’enregistrer une nouvelle version. Puis ce sont les Chaussettes Noires qui sortent leur Bamba Rock en avril 1961. Fin 1964, l’incontournable Trini Lopez adapte La Bamba au rythme du moment, le surf.

Le chanteur québécois Gilles Brown a adapté les paroles en français à l'époque des yéyés, sous le titre C'est la bamba, qui disent en résumé ceci : "C'est une danse qui vient du Mexique et elle est fantastique. Allons les copains, apprenez ce rythme, ça ira très vite, c'est dans le vent. Cette danse nouvelle rend les filles plus belles, profitez-en mes demoiselles."

Le succès est tel que de nouvelles versions voient le jour : en 1987, le film « la Bamba » retraçant la vie du chanteur fait un carton au box-office.

La folie ne semble pas prête à s’éteindre…

Pochettes de disque d'hier et d'aujourd'hui

A regarder

La Bamba - demonstration amateurs

A écouter

La Bamba Rock - Les chaussettes noires
© 2009 (Teppaz-and-co) Christophe Avdjian