Valérie Lagrange
Fille d’un couple de quincailliers parisiens, Danielle Charaudeau voit le jour le 25 Février 1942. Peu portée sur les études, elle cherche sa voie et se présente à des auditions de comédienne dès l’adolescence.
Elle a 17 ans lorsque Claude Autant-Lara l’engage pour interpréter la fille de Bourvil, dans "La jument verte". Il obtient l’autorisation parentale qui permet à la jeune fille encore mineure de quitter le petit commerce familial de la Porte de la Chapelle. Danielle adopte son pseudonyme sur les conseils de Claude Autant-Lara et Valérie Lagrange devient un nom familier des génériques de films populaires les années suivantes. On la retrouvera dans "La Française et l’amour" de Michel Boisrond, "Le gigolo" de Georges Lautner, ou encore fiancée à Jean-Paul Belmondo dans "Les tribulations d’un chinois en Chine" de Philippe de Broca.
En 1962, elle épouse le photographe Serge Beauvarlet et donne l’année suivante naissance à un petit Jérôme. La comédienne se lance dans la chanson, après sa rencontre avec Francis Lai et Pierre Barouh. Son premier disque paraît en 1964, avec les chansons Paris-Wellington et La nuit de mon amour. Trois autres 45 tours à quatre titres, un format très en vogue dans les années soixante, sortent les mois suivants: Encore un jour de notre amour, Un jour sans toi, Moitié ange moitié bête. Elle croise le chemin de Serge Gainsbourg qui lui compose un air latino pour La guérilla en 1965. Un premier album réunit ses premiers succès avec La chanson de Tessa, un texte de Jean Giraudoux mis en musique par Maurice Jaubert, qu’elle interprète avec le comédien Jean-Pierre Kalfon. Elle remporte un franc succès lors de son passage à Bobino en 1966, année où elle apparaît à l’écran dans Un homme et une femme de Claude Lelouch. Elle pose aussi pour le premier numéro du magazine de charme Lui en novembre 1963.
Deux autres films marquent la fin d’une époque : Week-end de Jean-Luc Godard et un film culte des années soixante, Les idoles de Marc’O. Inclassable, Valérie Lagrange représente alors un mystère pour beaucoup. D’autant plus qu’elle largue les amarres quand surviennent les événements de mai 68 en France. Persuadée de vivre une révolution qui va changer le monde, elle écrit à sa maison de disques pour leur annoncer que le show-business ne l’intéresse plus et qu’elle quitte la civilisation pour une durée indéterminée.
Avec une bande de copains artistes, Jean-Pierre Kalfon, Pierre Clémenti, Tina Aumont et Bulle Ogier, elle part vivre en communauté sur une île au large de l’Italie. Un esprit de totale liberté les unit et Valérie apprend à jouer de la guitare et perfectionne son anglais en apprenant les textes de Bob Dylan. En 1970, le cinéaste Barbet Schroeder engage l’équipe pour tourner La vallée, qui raconte les pérégrinations de jeunes européens partis à la recherche d’un lieu de vie paradisiaque en Nouvelle-Guinée.
Après le suicide de son mari, Valérie éprouve le besoin de poursuivre l’aventure et part, avec son fils de neuf ans pour Bombay où vit un de ses amis. Elle s’installe chez lui quelques temps, puis découvre la vie des paysans près de Katmandou, avant de rejoindre une communauté hippie à Goa. Finalement, elle ressent le mal du pays et pense à l’éducation de son fils, si loin de ses racines. Le retour au monde occidental n’est pas rose. Valérie Lagrange s’exile un temps dans un petit village de Provence investi par une communauté d’artistes dont fait alors partie Jacques Higelin. La vie de bohème est toujours de rigueur, loin des conventions. Un séjour d’un an et demi sur une île près d’Ibiza conclura le long épisode voyageur de Valérie Lagrange.
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