Sheila
Annie Chancel est née dans la banlieue parisienne, à Créteil, le 16 août 1946. Ses parents, André et Micheline Chancel, sont commerçants en confiserie sur les marchés de la région. Adolescente, elle pratique assidûment la danse mais des problèmes de chevilles l'empêchent de s'y consacrer à plein temps comme elle le souhaiterait. Après l'école, elle se lance dans une formation de comptable qui dure deux ans. Finalement, c'est auprès de ses parents qu'elle travaille, d'où cette image de marchande de bonbons qui la suivra lors de ses débuts.
Au début des années 60, Annie chante dans un groupe rock, les Guitar Brothers. Mais, elle seule est engagée par une maison de disques. C'est Claude Carrère, encore apprenti producteur, qui repère la jeune fille et lui fait signer son tout premier contrat le 15 septembre 1962. Totalement inexpérimentée, celle qui se nomme désormais Sheila devient salariée à des conditions qu'elle dénoncera 20 ans plus tard au cours d'un procès retentissant. Pour l'heure, Claude Carrère prend en main la jeune chanteuse. Il devient son agent, producteur et mentor. Rien de la vie et de la carrière de Sheila ne lui échappe.
Quelques jours après la signature, Sheila enregistre un premier 45 tours, "Avec toi". En 1963, Sheila devient du jour au lendemain une vedette populaire. Son deuxième 45 tours est un tube. "L'école est finie" atteint des scores inédits de ventes (1,5 millions de 45 tours) et de succès auprès de la jeunesse.
Sheila devient donc une idole du jour au lendemain, mais dans un répertoire plus sage, moins rock'n'roll. Ses chansons louchent un peu vers le twist à la mode, mais les textes sont très "comme il faut". Claude Carrère lui créé une image de jeune fille dans le vent mais sage.
Vêtue d'une jupe à carreaux et coiffée de couettes qui deviennent célèbrissimes, Sheila est désormais un produit commercial parfaitement au point. Tout au long des années 60, sa carrière est ponctuée de tubes populaires, souriants et fleur bleue. La plupart sont co-signés par Carrère : "Première Surprise Party" en 1963, "Vous les copains" en 1964, "le Folklore américain" en 1965, "Bang Bang" en 1966. Ce dernier titre est tiré d'un film dans lequel Sheila joue cette année-là.
En 1967, à 21 ans, Sheila est l'héroïne d'une soi-disant autobiographie "Sheila par Sheila", qui conte les débuts de la jeune fille. Sheila est désormais une jeune femme et ses couettes ont laissé place à une coiffure qui ne bougera pas pendant quinze ans. Les revues et magazines pour la jeunesse se font l'écho permanent de son actualité, le tout savamment contrôlé par Claude Carrère désormais patron d'un puissante maison de disques.
Sheila est régulièrement fiancée par les journaux à de jeunes hommes qui disparaissent très vite. En 1967, c'est un certain Brett Hasley sur le tournage de "Bang Bang", puis vers 1970, on parle de Pierre Cohen, qui n'est autre que son professeur de tennis.
En 1968, Sheila confirme son statut de star populaire avec le succès du titre "Petite fille de français moyen". Tout est dit dans ce simple titre ! Depuis ses débuts, elle a sorti six 33 tours et pas moins d'une vingtaine de 45 tours de 4 titres, auxquels s'ajoutent les versions étrangères. Inutile de préciser que tous ces disques se sont très bien vendus. Un élément manque cependant à la carrière de Sheila. Très aimée du public, elle pourrait sans doute remplir les salles. Mais étrangement, Carrère n'organise aucune tournée, aucun gala, et Sheila devra attendre 20 ans avant de rencontrer son public sur scène.
Au tournant de la décennie, la carrière de Sheila est au beau fixe. Son contrat est réajusté à son avantage, et elle signe même quelques titres. Son image évolue doucement mais reste celui d'une jeune femme docile. Elle continue de sortir un album par an et son premier tube des années 70 est l'incontournable "les Rois Mages".
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