C'est à Ewell, en banlieue de Londres, que Petula Sally Olwen Clark naît le 15 novembre 1932.
La seconde guerre mondiale, et les terribles bombardements allemands que subit alors le Royaume-Uni vont lui apporter l'occasion de se faire connaître, de manière spectaculaire : à l'automne 1942, âgée de neuf ans, elle est présente dans le public d'une émission de radio de la BBC, quand un raid aérien vient semer le trouble dans l'assistance. Un membre de l'équipe de production demande à la petite fille de chanter pour calmer le public, le temps que l'alerte soit passée. Le résultat ayant été concluant, Petula Clark est rapidement invitée à se produire à l'antenne.
Encouragée par son père, la petite fille se lance dans une carrière de chanteuse, se voyant bientôt comparée à Shirley Temple. Petula Clark vit le reste de la guerre dans une atmosphère étrange, passant l'essentiel de son temps dans des trains, parcourant le pays en long et en large avec ses parents pour aller se produire en concert, ou chanter pour les troupes britanniques.
Promue mascotte par la Royal Air Force et par les troupes américaines stationnées en Grande-Bretagne, Petula Clark est désormais une vedette à part entière, et tient même plusieurs rôles au cinéma.
La fin de la guerre ne fait pas baisser l'activité de la jeune fille qui s'associe au producteur Alan A. Freeman pour fonder un label, Polygon Records, qui aura pour tâche principale d'accompagner la chanteuse vers la gloire.
Formée par Freeman, Petula Clark négocie superbement le virage de l'âge adulte, et s'affirme, grâce à une voix
puissante et mélodieuse, comme l'un des principaux espoirs de la chanson britannique des années 1950. La chanteuse
trouve cependant pesante la tutelle de son père : c'est par sa carrière française qu'elle va trouver un échappatoire.
En 1958, Petula Clark donne un concert pour un soir à l'Olympia, à Paris. Ne parlant pas un mot de français et quelque
peu intimidée de se confronter à un public qui ne la connaît pas, elle est finalement rassurée par l'accueil très chaleureux
que lui réserve le public parisien. Mais son passage à Paris lui permet surtout de faire, le lendemain du concert, la
connaissance de Claude Wolff, responsable français de Vogue Records, qui devient son imprésario pour la France
et, surtout, son compagnon, puis son époux.
C'est d'abord par amour, et ensuite pour développer sa carrière loin des contraintes familiales que Petula Clark s'installe
en France. Ne maîtrisant guère la langue de Molière, elle chante tout d'abord ses textes français phonétiquement ; le
public ne lui en tient pas rigueur, d'autant qu'elle fait vite des progrès significatifs. Jouant intelligemment de son image
d'expatriée, qu'elle chante de façon douce-amère : "Je chante doucement" ou humoristique " Que fais-tu
là Petula ?"
Petula Clark devient, au tournant des années 1960, l'une des vedettes préférées des français, sans pour
autant oublier le public anglais, qui réserve des triomphes à des chansons comme "Sailor" - numéro un au hit-parade
britannique. L'ex-enfant star devient également une vedette dans d'autres pays, comme
l'Allemagne ou l'Italie.
En 1962, elle prend un virage yéyé vraiment affirmé en enregistrant plusieurs tubes anglo-saxons, adaptés en français, et qui marchent très fort comme "Ya-Ya Twist" "Tu perds ton temps"... La formule fonctionne parfaitement et, pendant plusieurs années, Petula Clark aligne une série imprésionnante de tubes, en particulier en 1965 avec "Downtown". Ce titre devient un succès européen qu'elle enregistre en français, allemend, italien, espagnol, tandis que sa version originale anglaise s'affirme comme un véritable standard mondial.
En France, Serge Gainsbourg lui écrit beaucoup de titres sur mesure, tous couronnés par le succès, notamment "La Gadoue", repris des années plus tard par Jane Birkin.
En 1967, nouveau succès international avec les différentes versions de "This is my song", "La comtesse de Hong-Kong", chansons du film de CHarlie Chaplin, qui s'exporte dans le monde entier. Ce succès lui ouvre les portes d'Hollywood où elle s'envole en 1968 pour tourner deux comédies musicales, "La Vallée du Bonheur" avec Fred Astaire et "Good Bye Mr Chips", l'année suivante, avec Peter O' Toole. Cette même année 1968 voit la sortie de "Don't Sleep in the Subway", son dernier grand titre en cette décénnie 1960.
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