Brian Maurice Holden est né à Isleworth dans la banlieue ouest de Londres, le 14 juillet 1939. Il est le cadet d'une famille de cinq enfants. En 1946, la famille Holden émigre en Californie.
Aux USA, le rock'n'roll, fait son apparition. Le jeune Holden est fasciné par le King et leur ressemblance frappante le conduit à s'investir à 100% dans cette nouvelle tendance. Sa Soeur se marie en 1957 avec Joe Barbera, le producteur de dessins animés. En 1958, Barbera doit repartir à Londres pour son travail et suggère à Brian d'essayer de s'imposer dans le milieu musical anglais.
Un jour, un ami lui donne l'adresse d'un bar enfumé de Soho, le célèbre 2 I's. C'est là que Brian va faire ses débuts de chanteur et cotoyer les premiers amateurs de rock londonien. Avec le batteur Tony Meeham et le bassiste Tex Makins, Brian forme son premier groupe, The Playboys. Quand à lui, il lui faut un nom de scène. C'est Joe Barbera qui aura le déclic : il s'appellera à présent Vince Taylor !
Pour son premier disque, en 1958, il enregistre deux reprises US : "I like love" de Roy Orbison et le violent "Right behind you Baby" de Ray Smith. il est suivi par un deuxième 45 tours comportant le slow "Pledging my love" et le mythique "Brand new Cadillac".
En 1959, Vince devient l'attraction principale du 2 I's par son coté théatral, tant dans la façon de se déplacer que dans celle de s'habiller. En concert, il déchaine les passions. Taylor compense une partie vocale un peu limitée par un jeu de scène exceptionnel. Ses prestations déclenchent des bagarres médiatisées par la presse locale et la presse nationale. Les éventuels organisateurs de spectacle commencent à redouter sa venue.
Dès la fin 1959, Vince voit les reves de sa carrière londonienne s'écrouler. En effet, sa maison de disques ne renouvelle pas son contrat. Malmenés, les Playboys se séparent. Tony Sheridan tente une carrière solo, et Brian Lockling rejoint les Shadows qui deviendront le groupe de Cliff Richard. Vince, lui, réunit de nouveaux musiciens don't l'un des plus grands batteurs de l'histoire, Bobbie Clark, et un jeune virtuose de studio qui fera parler de lui avec les Yardbirds et plus tard avec Led Zeppelin : Jimmy Page !
Fin 1960, Vince est de nouveau pret pour la gloire qu'il connaitra un an plus tard en France. Il effectue son premier passage à l'Olympia lors du spectacle "Rock and Roll anglais à Paris". Le 1er novembre 1961, il se produit au Palais des Sports de Paris qui sera entièrement saccagé par les rockers français ! Mais c'est suite à son passage au Musicorama que sa carrière tricolore prend tournure.
En effet, Eddie Barclay, prévenu de la présence de Taylor et épaté par sa performance, propose un contrat d'exclusivité de six ans au "black demon". Barclay orchestre alors sa carrière. Vince annule ses engagements en Angleterre et reste en France. Une vingtaine de titres sont enregistrés en une seule nuit, car la concurence est rude avec le rock français naissant et ses reprises de classiques de la part de chanteurs comme Johnny Hallyday ou de groupes comme les Chaussettes noires, les Chats sauvages...
La machine publicitaire se met en route et c'est un matraquage des chansons de Vince que l'on entend sur les radios. Le 15 aout 1961, Eddie Barclay, impose Vince Taylor dans un des premiers festivals de rock au "Vieux colombier" à Juan-les-Pins. Vince est au sommet de sa carrière mais cela ne va pas durer...
Coté scène et coté coeur, sa liaison avec Brigitte Bardot puis avec Sophie Daumier font la une. Mais c'est du top model Helene April dont il tombera amoureux. Elle lui fera changer son look, Vince portera désormais des costards bien taillés sur scène !
Musicalement, il enregistre "Mimi", une mièvrerie. Le disque est un bide, Taylor n'a plus les faveurs de Salut les copains qui titre en juin 1962 "Pour ou contre Vince Taylor ?". Eddie Barclay décide d'abandonner son poulain et celui-ci ne s'en remettra jamais. Les bagarres à chaque concert, ses prestations scéniques sauvages, son caractère insaisissable, ses excès, ses caprices répétés, accélèrent son déclin. Le choix des enregistrements qui suivirent ses deux premiers 45 tours est également désastreux. Aucune composition perso, que des reprises de classiques du rock enregistrés à la va-vite.
meme si Vince y apporte sa touche malgré une absence de voix qu'il reconnait, ces standards étaient déjà magistralement interprétés par leurs auteurs (Presley, Cochran, Berry ...). En outre, son image sulfureuse au moment où arrivent des chanteurs yéyé bien inoffensifs lui vaut une étiquette subversive déplacée. Les médias lui préfèrent des garçons comme Claude François.
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